Journal intime d'un pyrénéiste

Journal intime d'un pyrénéiste
"l'aventure est un engagement de l'être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d'humain en nous...." Walter Bonatti

dimanche 11 juillet 2010

Montardo d'Aran







Comme une surprise un peu trop attendue, un paradis un peu trop survendu; comme si l'on s'appercevait que la plus belle femme du monde avait du poil aux pattes. Alors oui les Encantats c'est sans doute le plus beau coin des Pyrénées, oui le Parc aux 1000 lacs enchante, avec ses Ibons aux couleurs de carte postale, oui les isards quasi domestiqués vont font craquer et perdre à l'occasion un bonne demie heure en photographies.
Mais bon sachez que vous n'êtes pas le seul à le savoir et que ce sommet que vous aller faire, des centaines de gens l'auront fait cet été aussi. Sachez qu'il sera dur d'éviter les cris et de profiter du calme alors...
Un conseil donc partez tot!!!!
Départ donc à 6h20 du Pont du Ressec, et montée rapide en un peu plus d'une heure au refuge de la Restanca. En 2h30 le temps des pauses, le col est ensuite atteint. là un conseil ne pas faire comme on a fait continuer tout droit en suivan tun isard, fort photogénique il est vrai, mais prendre à gauche une sente qui s'élève . Elle amène à un col vers 2700m et finit au sommet en 4h, sommet dont la vue est juste sublime:
Aneto bien sûr, Besiberri, Maubermé et Valier, tous les Pics des Encantats et bien d'autres. A mettre à coup sûr dans les 100 de Verron.
Sommet donc à 10h30, on est les 1ers avec un groupe de 3 femmes croisés au col, et décollage à 11h jusqu'au refuge. Là le temps change brusquement et il se met à pleuvoir.
13h45 voiture

mercredi 7 juillet 2010

Lascours ou presque









J'aime à penser que tout ce qui relève des sciences occultes ou plus généralement qui se détache du pragmatisme n'est que farfelu, d'autant plus dans un domaine comme la montagne, où l'expérience et l'expérimentation (qui peut parfois couter cher) nous rappelle qu'un fait n'est que la conséquence d'un ensemble d'actes.
J'ose croire qu'il n'est point de fatalité, ou de destin, de même qu'il n'est pas d'accident sans responsable, qu'il n'existe pas de force au delà des choses.
Mais là!!!!
5ème tentaive et 5ème échec!!!! S'il n'existe une malédiction Léviste alors...
Parti après le boulot j'attaque la montée vers 12h10 sur un bon rythme. Dès le départ je me plante et file trop haut. Conclusion pour récupérer la cabane je suis obligé de descendre. Déjà ça sent pas bon. Arrivé à la cabane cotée 1923m je vois un névé sous l'Arrouy, le Léviste étant masqué. Etant donné que ce dernier à la réputation d'être le plus technique et d'avoir un névé tardif, je décide de partir sur le Lascours qui semble dégagé. Vers 2150m je croise un couple qui m'indique qu'il reste des névés sur la VN et me conseille un col coté 2346m pour finir par la crête. J'écoute les conseils et file sur la crête. Le col est atteint sur des pentes fortes et j'attaque la crête. Aérienne et avec un mauvais rocher je sais que seul, en trail et sans portable je n'ai pas droit à l'erreur. Arrivé à 2410m brèche et là surprise ça ne passe plus. C'est expo de partout et devant la crête se relève sèchement. Je suis DEGOUTE. 5mn de pause pour pleurer sur mon sort et je redescends, prudemment au col. Du col je lache les gaz pour finir en courant . Je recroise le couple, accopagnateur montagne à Pierrefite qui avait pour projet de faire le Lacours avec leur groupe par la voie qu'ils m'ont indiqué. Mais devant les photos...
Après 20mn de tchatche sur les différents sommets faits récemment je les laisse et retourne à la voiture. Il est 15h10.

Tout ça donc pour dire que j'ai encore échoué mais bon au moins je sais que le Pic du Lascours est plus enneigé que le Léviste (lui d'ailleurs dégagé, dégouté!!!) et que la crête ne passe pas. Sinon à part ça du col on a quand même une super vue sur le lac de BASSIAS et tout le versant Nord...Tout n'est pas perdu
Mais comme dirait l'autre "I'll be back" et de rajouter "soon, très soon" et là.....

dimanche 4 juillet 2010

Pic de Bassias avec Naulhek






La météo annonce des orages en France on part donc en Espagne ave Naulekh du coté de Panticosa. Indécis au départ on décide finalement de partir vers le Pic de Bassias.
La montée est très rapide avec un rythme autour de 650m/h pour arriver à un grand lac, tout en suivant le tracé du GR11. Celui nous fait contourner le lac par la gauche et monter à un premier petit col puis un second. la Punta Alta nous domine alors et un peu plus loin de Bassias. Mais apparait surtout l'imposante face Sud du Vignemale qui en jette. On cramponne vers 2400m et pour atteindre le sommet on tire tout droit dans la neige. A 2700m après 3h d'efforts (il est 10h40) sommet du Bassias. La vue est à couper le souffle, Tendenera, Tellera, tout Gavarnie, face sud du Vignemale et Moskowa, Algas, Argalas, garmo Negro, Pics d'Enfer et tant d'autres. plus des lacs superbes!!!!!
Vers 11h15 on redescend en faisant une petite boucle et en allant se balader autour des différents lacs parès quelques exercices de cramponnage. La descente se fait ensuite rapidement pour arriver à la voiture vers 14h30

jeudi 1 juillet 2010

crête des Alharisses













Première sortie alpi de l'année et ce sera dans le Néouvielle. Départ 4h40 de Juillan où je rejoins Isabelle une alpiniste de 34 ans très expérimentée ET douée. Par exemple elle a fait l'Arlaud, la face Nord du Vignemale et passe du 6b en falaise. Un monde qui est encore loin du mien. Arrivés à 6h10 à CapdeLong on retrouve Jean Michel et Richard son second de cordée. Départ effectif vers 6h25 et comme d'habitude c'est Jean Michel qui ouvre. On suit des cairns avant d'atteindre au bout d'une heure la crête. Mais sans réel intérêt on passe versant sud pour la longer avant finalement d'arriver à un couloir point de départ de la course. Là on s'équipe et on y va. La première est du III inf sans difficulté. En fait le seul problème est de trouver, avec Isabelle , des marques. Moi je n'ai pas l'habitude de ce genre de course et je n'ai jamais randonné avec elle. La deuxième longueur est plus facile sans doute du II sup vant une troisième plus sportive car en fait Isa me fait passer dans une goulotte très fine où le sac et le piolet ont du mal à passer . Mais bon j'y arrive, en force. Après c'est corde tendue jusqu'au Petit Pic. Mais des nuages arrivent et l'on décide de s'échapper. Juste le temps d'atteindre une brèche avec des sangles et de tirer un rappel et la pluie est sur nous. Après une hésitation pour aller faire l'Estaragne on rentre donc gentiment sous une grosse averse avant de rejoindre notre point de départ. Le temps de boire un pot chez Francis et retour à la maison

jeudi 24 juin 2010

Pic du Midi d'Arrens le 23 Juin






J'en ai rêvé (et depuis longtemps ) et on l'a ENFIN fait
Rando hier au pic du Midi d'Arrens avec Jordi.
Pour ceux qui ne sont jamais allé à Argelès, l'Arrens c'est d'abord une gueule qui se remarque, des pentes vertingineuses, des falaises, une position devant le Bala qui se démarque, un belvédère d'exception, bref un sommet remarquable, classé à juste titre par Verron comme l'un des 100 plus beaux. Ce sommet c'est aussi le dernier pour moi que j'ai dans mon visuel et qu'il me manquait. Et même si avec ses 2267m il peut faire rire, son ascension, bien que sans grosses difficultés techniques, se mérite.
Après m'être levé à 4h pour aller bosser rdv avec Jordi à 11h15 pour un départ à 12h15 du pont d'Ourey. Les pentes sont fortes dès le début et au bout de 15mn on suit un chemin qui ne donne rien. Conclusion on se perd ne retrouvant le sentier que 20mn plus tard au prix d'une chevauchée hors sentier qui laissera des traces. 13h arrivée à la cabane de Mauvezi, on enchaine ensuite en suivant bien le topo. Des botanistes ont compté pas moins de 20 sentiers à bêtes autant dire que le coin est très pommatoire (et j'avais testé une fois déjà) .Mais là on repère les différents pics et crêtes et on réusssi à ne pas se perdre

Vers 1700m sur une crête on file en direction du Monné. Là sous une grottes on traverse pour attaquer la pente finale très raide mais sans difficulté. Enfin vers 2200m on arrive à la crête. Verron dit crête facile, ok à la montée et encore quand on n'a pas le vertige . Sommet à 15h15 le temps d'un pause photos..
La vue est malheureusement gachée par des nuages mais n'enlève rien au plaisir d'y être arrivé.
Descente dans la foulé eet là les choses se gatent un peu. ne trouvant pas la cheminée on réemprunte la crête
Et ce qui était facile à la montée est beaucoup plus délicat à la descente. moi avec mon allonge je parviens à atteindre le col non sans difficulté mais Jordi lui reste bloqué . Il m'avouera avoir vécu le pire moment de montagne de sa vie, devant le glacier du Maniportet, deux randos avec moi
Finalement on passe et la descente se fait ensuite assez rapidement jusqu'à la cabane où l'on retrouve un groupe de botanistes amateurs croisés à la montée.

dimanche 20 juin 2010

Haboura par Crastes



Pour ma première véritable sortie trail de l'année, après une seulement au Pibeste avec Laurent mais il y a 2 mois déjà, j'ai choisi le Caoutérou ou Haboura au dessus de Asté en passant donc par la fontaine de Crastes. Parti vers 13h je passe le "cailloux" point officiel de départ du chrono à 13h08. Après un départ rapide je ralentis juste au moment d'arriver sur la piste peu avant le "mur" à cause d'un troupeau de vaches peu engageantes. Le mur est passé sans trop de difficulté toujours à un bon rythme, puis direction le col du Lhéris. Je coupe peu avant le col pour rejoindre le sentier menant au sommet puis je me dirige en direction de l'antenne sommitale. Là un gros nuage arrive et je me perds un peu avant de l'atteindre tant bien que mal, avec une très mauvaise visibilté , mais en 56' quand même soit 2 minutes de moins que l'ancien chrono. Le temps est frais et je ne m'attarde pas au sommet. Je repars donc mais au bout d'un quart d'heure je ne reconnais toujours pas le coin et vois des vautours, chose bizarre car les vautours ne sont pas coté Lhéris mais coté Campan. Je vois donc mon erreur et remonte au sommet pour récupérer le bon sentier cette fois. Sur la descente sur un sol toujours glissant je me méfie et la joue prudent. Malgré ça 3 gamelles, dont une de compétition, viendront ponctuer la descente par le Teillet. Juste le temps de me perdre encore une fois vers 950m, faute cette fois à un arbre sur le sentier qui m'a obligé à la quitter et que je n'ai su retrouver, et enfin la voiture à 15h08 soit 2h après le départ.
Une première mémorable donc!!!

lundi 7 juin 2010

une analyse de la violence


Je viens de m'énerver moi qui reste pourtant toujours de marbre. Un flash dans la tête, l'accumulation d'une pression constante, d'un manque de sommeil, d'un harcelement moral quotidien. Les nuits sont courtes, moi qui ai toujours dormi 8h, les repas plus espacés, la récupération plus lente. Une semaine, puis 2 et enfin 3 à se demander combien de temps on va tenir encore et une remarque anodine sur le travail qui vous fait exploser pour vous prouver que vous avez atteint votre limite. J'ai perdu 2kg moi qui depuis l'age de 18ans avais su garder un poids constant. Même la montagne me fait à présent peur, rien que le Pibeste m'effraie moi qui l'ai dompté si souvent. Tout me fait peur et surtout moi , dans cette réaction violente où je ne me reconnais plus. Alors continuer encore pour leur donner tord au risque de s'enfoncer un peu plus ou arrêter pour se préserver en déposant les armes et en perdant definitivement le combat engagé. Il y a en jeu ici bien plus qu'un travail, la santé d'un homme et la pérénité d'un couple, bref mon avenir. Jai eu le courage il y a 6 ans de tout arrêter, la force de recommencer en repartant à 0 sans avoir rien à demander à personne. Mais si je l'ai encore cette fois-ci n'est-ce pas déjà trop tard...